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Toute création digitale mérite-t-elle d’être nommée œuvre digitale ?

décembre 20, 2010

Grande question que celle qui s’attache à la légitimité des œuvres digitales : qu’est-ce qui justifie qu’une création digitale soit considérée comme une œuvre à part entière ? En effet, si l’art digital est une forme d’art apparue dès les années 80 grâce aux nouvelles technologies, il s’est vite développé et aujourd’hui tout le monde (ou presque) peut jouer à retoucher des images ou à en créer de nouvelles. Nul besoin de savoir dessiner, le crayon a disparu et avec lui la notion d’apprentissage.

Alors que de nombreux artistes digitaux possèdent, sinon une réelle formation, tout du moins une culture artistiques qui leur permet de créer en suivant quelques principes simples de l’art, de s’approprier les outils informatiques pour détourner les techniques classiques (aquarelle, fondus, effets de matières…), beaucoup de « bidouilleurs du dimanche » s’amusent sur un coup de Photoshop à retoucher des photos, voire à modifier des œuvres en se targuant de « faire de l’art ».

Les codes ont radicalement changé, aussi bien que les supports. On voit aujourd’hui des artistes dits « classiques » s’adonner aux plaisirs du numérique. Et l’avènement de l’iPad, outil pour le moins intuitif, n’arrange pas cela. En effet, le nombre d’applications destinées à favoriser la création numérique permet à l’utilisateur lambda de laisser libre cours à son imagination grâce à des outils pré formatés lui facilitant la tâche.

De fait, qu’est-ce qui fait la différence entre une création signée David Hockney (dont nous avions parlé dans un précédent article sur l’art digital), réalisée, justement, grâce à une application sur iPad et iPod Touch, d’une création d’un illustre inconnu, réalisée à partir des mêmes outils ? Comment valoriser l’une par rapport à l’autre ?

Evidemment, la même question se pose pour l’art dit « classique », mais ce dernier possède des codes peut-être pus précis, mieux définis, alors qu’aujourd’hui les artistes dits numériques se multiplient. On le constate en voyant le nombre de galeries virtuelles créées par ces artistes autoproclamés sur les plates-formes qui leur sont dédiés.

Il est aujourd’hui simple comme un jeu d’enfant de créer son espace, d’y afficher ses créations, ses photographies, même de simples clichés pris à la volée, et de les présenter comme œuvres digitales. Il en résulte donc une confusion, voire une méprise, qui nuit à la visibilité et à la réputation de vrais artistes ayant fait du numérique leur support. Comme dans de nombreux domaines, la quantité noie la qualité dans une masse qui dénature le sujet.

Dès lors, où peut-on poser les limites de l’art digital ? Est-il destiné à se développer à l’infini, comme une spirale englobant tout et n’importe quoi sur son passage, ou bien peut-on créer une hiérarchie et un « niveau de référence » ? Le scribouilleur numérique mérite-t-il l’appellation d’artiste autant que celui qui pense ses œuvres, les mûrit, les peaufine ? La question se pose bel et bien, d’autant plus que l’art digital se répand à vitesse grand V sur la toile, mais aussi dans des galeries et même au musée.

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2 commentaires leave one →
  1. ROUSSERIE permalink
    décembre 21, 2010 11:27

    Il y a une différence entre le « beau » et l »artistique ». L’artistique peut – ce n’est généralement oas le cas – ne pas être beau. La différence, pour moi, c’est que le beau est beau-point-barre. Il n’y a pas une vision qui aille plus loin, on est dans un cul-de-sac, ça ne mène à rien. Alors que l’artistique va plus loin. Peindre un portrait comme dans la période classique, c’est faire une photo. C’est beau, c’est léché, c’est de la belle ouvrage. Picasso va plus loin, c’est de l’art, en interprétant, en donnant une vision interne qui va au-delà de la stricte perception visuelle. N’importe qui peut faire des taches sur une feuille de papier (c’est un peu plus dur sur ordi). Mais ça ne sera ni Worschach ni Miro. On n’ouvre pas nécessairement une voie, certes, mais il y a une réflexion qui peermet d’aller plus loin. Prendre un casque de Gauloises et le multiplier, ça peut être de l’art. Coller un casque sur le Penseur n’en est pas frocément.

  2. Mr. X permalink
    janvier 24, 2011 13:22

    @Rousserie:
    Le mot art à pour origine le latin « ars » qui veut dire habileté, métier; en d’autre terme: c’est la TECHNIQUE. L’artiste et l’artisan son ceux qui ont le savoir-faire. Donc, un peintre de la renaissance, qui reproduit le plus fidèlement possible le regard, la lumière, les textures – à tel point qu’on croit pouvoir toucher et sentir le tissu si l’on tend la main – est bel et bien un artiste; qui ne « copie » pas uniquement le beau, d’ailleurs. Pendant très longtemps l’art se contentait de reproduire la réalité jusqu’à il y a peut-être 150 ans à peine. Le beau comme le laid. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y avait pas d’artiste.

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